Voila l'été






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Comité poulpien : qui se cache derrière ?
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Les joies de l'administration


Le lendemain, le Poulpe entra dans la mairie du 18ème vers onze heures trente et se dirigea vers le bureau du cadastre. L'heure de déjeuner n'était pas loin et pour un fonctionnaire moyen, cela équivalait quasiment à une fin de non-recevoir. Gabriel le savait bien mais espérait ainsi qu'il y aurait moins de monde. Vivant en dehors de toute "normalité administrative", il avait en sainte horreur ce qui ressemblait de près ou de loin à une requête officielle nécessitant des heures de queue dont l'issue dépendait uniquement de l'humeur d'un employé borné. Quand le Poulpe avait besoin de papiers ou d'un certificat quelconque, il allait voir Pedro et il trouvait ça beaucoup plus simple...
La grosse dondon dont la permanente choucroutée dépassait du comptoir le fusilla en effet du regard quand il lui exposa sa demande.
- Le registre du cadastre de la Moskowa ? Et pour quoi faire d'abord ? aboya-t-elle.
Le Poulpe se fit tout miel.
- Je suis chômeur et je travaille au journal Faim de siècle. Nous préparons un article sur le quartier. Ce serait très aimable à vous de nous aider à dresser un portrait le plus juste possible.
L'employée le scruta avec méfiance.
- Vous avez une carte ou quelque chose comme ça ?
Gabriel lui tendit sa carte de chômeur officiel made in Pedro.
- C'est qu'on a des consignes, nous. Avec tous ces fouille-merde du DAL qui viennent mettre le nez partout, on peut très bien refuser de donner les informations. Vous le savez, ça ?
Le Poulpe opina du chef d'un air compréhensif.
- Les temps sont durs pour tout le monde... Mais soyez assurée qu'en ce qui nous concerne, nous ferons bon usage de ces renseignements.
Le dragon se radoucit un peu, elle ne crachait plus qu'un peu de fumée.
- Vous avez vu l'heure ? Il faut encore que je trouve le bon registre, moi... Je suppose que vous n'avez pas les numéros de parcelle ?
Gabriel leva les sourcils d'un air désolé.
- Bon, je vous prépare ça pour le début d'après-midi. De tout façon, maintenant vous n'auriez pas le temps de tout regarder.
Gabriel exécuta quelques courbettes en guise de remerciements puis alla s'en jeter un dans le premier bistrot venu. Fichu passe-temps que celui de Poulpe...
À treize heures trente pétantes, il était de retour à la mairie et s'absorba pendant une bonne heure dans la lecture des registres.
Il en ressortait que la plus grande confusion régnait dans les immeubles de la Moskowa dont les personnes privées et la municipalité se partageaient la propriété. Depuis quelques années en effet, la mairie usait de son droit de préemption dans le cadre d'un plan de réaménagement du périmètre situé entre le boulevard extérieur et la voie de chemin de fer désaffectée. En clair, la Moskowa était une Z.A.C., zone d'aménagement concerté, ce qui signifiait en bon français : on rase tout et on recommence à zéro. Scénario classique. Expropriations, immeubles murés et les griffes des bulldozers qui écorchaient les lieux, comme le Poulpe avait pu le constater. Mais le petit village avait résisté encore et toujours à l'envahisseur. Résultat : le plan de réaménagement avait été, sinon annulé, du moins gelé par le tribunal administratif pour "défaut de concertation" justement !
Concernant le 19 cité Durel, l'immeuble appartenait à un certain monsieur Guédélia, qui était également propriétaire des deux immeubles contigus, le 17 et le 21...
Le Poulpe enregistra mentalement tous ces renseignements et rendit les registres à l'employée. Il était maintenant persuadé d'avoir fourré le nez dans un sacré merdier, même s'il ne faisait toujours pas le lien entre les différentes pièces du puzzle. Raison de plus pour aller jusqu'au bout... Ça allait chier dorénavant, parole de Poulpe !


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