Mise à jour : |
Le coucou à Gabriel ![]() Attention, cette page a été réalisée avec trucage :Le Polikarpov I-16 de Gabriel ne vole pas (volera-t-il un jour ? peut-être dans le dernier épisode). Son coucou, le Poulpe y tient comme à la prunelle de ses yeux. Au fil des épisodes, il utilise les butins qu'il a pu ramasser (évidemment arrachés à des êtres cupides et politiquement non corrects) pour alimenter son copain Raymond le mécanicien en pièces détachées de plus en plus rares. C'était le jeu de Meccano le plus absurde du monde et il coûtait une fortune. Mais le petit zinc hurleur en tôle et bois, pansu comme une douille de mitrailleuse, finirait un jour par le lancer en l'air. (54) Des pièces, on peut dire qu'il en rêve tout éveillé : il voit des carburateurs
partout. Le mot fou lui fit penser aux échecs, les échecs à Karpov et Karpov au Polikarpov qui attendait dans un hangar de Moisselles qu'une bonne âme l'équipe d'une gouverne de direction. D'après le devis préparé par Raymond, il suffisait de diviser la superficie de ladite gouverne par la surface d'un billet de cinq cents balles pour obtenir la provision nécessaire. Que du bois travaillé à la main, gouge, ciseaux, rabots, limes, varlopes, chignoles fallait comprendre...(73) C'est probablement cette histoire d'un père en train de déménager une lino, une machine à plat Heidelberg, les formes et un marbre, des casses et tout le bastringue d'une imprimerie, dispersé dans quatre ou cinq hangars de part et d'autre du canal du Centre, qui avait donné à Gabriel la passion de son Polikarpov pour le plaisir. (43) Faut dire que des Polikarpov, on en croise plus beaucoup dans nos cieux. Même le Baron noir n'en aurait pas voulu pour ses escapades parisiennes. Le Polikarpov est un avion soviétique utilisé par les Républicains lors de la guerre d'Espagne. C'est dire s'il est un symbole antifasciste ! Polikarpov, petit et ventru avion à hélice qu'il avait vu dans toutes ces bandes d'actualité sur la Guerre d'Espagne, l'avion des républicains, que Malraux avait peut-être flatté de la main, et dont Durruti avait dû espérer plusieurs fois entendre le bruit caractéristique du moteur. Car ce petit zinc, maniable, costaud, faisait un tel potin que les républicains l'appelaient "la mosca" et que ces enfoirés de fascistes nommaient "la rata". (1) Fer de lance de l'aviation républicaine, l'istrebityel 16, Polikarpov avait toujours été
le contraire d'un avion furtif. S'annonçant par le vrombissement survolté de son moteur Wright Cyclone
de 700 ch, il était, selon que l'on parlait dans l'un ou l'autre camp, soit "la mouche" soit "la
rate". Malraux en parle d'ailleurs dans L'Espoir (7). La Chine s'était portée acquéreur de ce modèle d'avion avant que ses relations avec Staline ne se dégradent.(69) C'est pas encore ce coup-là qu'on s'envolera lui et moi pour aller bombarder la lèpre fasciste et raciste qui repousse partout sur la misère et le désespoir, ce qui fait que bombarder les fascistes et les racistes aujourd'hui, c'est bombarder la misère en même temps, conclut-il avec un rire triste. (94) [Gabriel] l'avait trouvé dans une grange à vingt kilomètres de Lerida. [...] Trois mois après, [il] était revenu avec un semi-remorque équipé d'une grue de levage, avait payé l'engin au prix fort, le paysan catalan avait fait quelques difficultés à se débarrasser de cette carcasse mythique, et avait emmené le tout à l'aérodrome de Moiselles. Là, officiait, entres autres, Raymond, un mécano à l'ancienne, qui avait, comme titre de gloire, remonté un Aermacchi du côté de Sisteron et un Spitfire, à Calais. Mais pour trouver des pièces d'un avion de la russie soviétique d'avant-guerre, macache bono. Il fallait se les taper au tour. Une par une. Un vrai travail d'orfèvre. Raymond aimait les vieux avions, mais refusait de faire ça à l'oeil. Le stalinien qu'il devait toujours être dans l'âme pérorait : il serait dit qu'un avion de fabrication soviétique coûterait un max au capital. Gabriel réglait ça au coup par coup. (1) Les Soviets l'avaient vendu aux Républicains espagnols, en 1937, par l'intermédiaire de France-Navigation, la compagnie maritime de l'Internationale communiste. Il faisait partie de la quatrième escadrille, la Mosca 31... (7) Nos honorables lecteurs noteront au passage que si le Polikarpov est dramatiquement à l'aise sur le plancher
aux vaches, notre Poulpe n'est pas prêt de voler non plus (on connaît l'expression, "si tous les
poulpes volaient...") : Il a quand même obtenu le BESA (Brevet sportif des sports aériens) quand il était ado mais s'est rendu compte que ça coûtaît trop cher. (13) C'est ainsi que Raymond le surnomme Le rampant. (12)(59)(71)(84)(115) Côté apprentissage, Gérard et des potes du Pied de porc lui ont offert un simulateur de vol informatique mais quand aura-t-il le temps de s'y mettre quand on connaît ses multiples périples terriens ? (115) L'envol n'a de toutes façons pas l'air d'être imminent, vu qu'en plus des problèmes de pièces, une partie du toit du hangar de Moiselles s'est un jour effondré sur la carlingue, ce qui a empêché le Poulpe de partir en vacances avec sa Cheryl. (41) S'il quitte le sol un jour, ce fer à repasser, j'me fais moine ! Faut tout refaire là-dessus... (71) Bon, vu qu'apparemment ça a fait chier tous les auteurs du Poulpe, on n'a pas trop de complexes à sauter le paragraphe des caractéristiques techniques du Polikarpov. Si y a parmi vous des fanatiques de la chose aéronautique, on vous a déniché un petit lien
pas piqué des hannetons : L'avion selon le Dictionnaire des symboles |