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> Dans le cimetière de Sang-Dragon, petit village aux portes de la Rochelle, on découvre une jeune fille violée et décapitée. Les tentacules tout retournés, le Poulpe fonce dans la campagne aunissienne pour y remettre de l'ordre. Mais, même s'il rencontre la beauté et la jeunesse en la personne de Jehanne, il va devoir se frotter à des pensionnaires d'une maison de retraite qui ont la fâcheuse tendance de pratiquer le sacrifice humain comme activité frénétique de club du troisième âge. Sans parler de cet étrange jeune homme qui fait siennes les répliques de Roy, l'androïde de Blade Runner...
Par Guillaume Darnaud 
Du côté de la critique...
Dans la famille "le livre à oublier si vous partez sur une île
déserte", c'est sans doute celui-ci. Avec les ambigues Sectes
mercenaires de Bertrand Delcour, publiées l'an passé, voilà un
second ouvrage qui atteint les frontières du paysage marginal
de la série poulpienne. Venu du Fleuve noir, l'auteur nous
entraîne dans un abracadabrant voyage en Aunis. Un charmant
village voit sa tradition annuelle des rosières perturbé par le
meurtre sanglant de l'une d'entre elles. Arrivé sur les lieux
du crime, en une journée, le personnage aux habits de Gabriel
Lecouvreur va se retrouver pris dans une invraisemblable
histoire de SS qui ont transformé leur maison de retraite -
bâtie sur les lieux d'un centre de tortures de la Gestapo, que
c'est exquisement imaginé - en laboratoire du surhomme bon
aryen moins que ça. Ou comment le voile fantasmatique du
sadisme nazi sert de dérisoire cache-sexe à un voyeurisme de la
violence qui n'a rien à lui envier.
L'Humanité, 27 juin 1997
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