Du côté de la critique...
On connaît le goût invétéré de notre Poulpe pour une boisson
alcoolique fermentée faite avec de l'orge germée et aromatisée
de fleur de houblon également synonyme de caisse oblongue où
l'on enferme les morts - homonyme seulement nous indique le
Robert, les deux mots ayant une origine respectivement
néerlandaise et franque. Les deux ayant à voir avec le genre
littéraire qui nous intéresse, il n'est donc pas étonnant
qu'enfin le gars aux bras ballants se les trimballe du côté de
Charleroi. Motif : un vieux pote à lui, devenu gardien de
prison, est retrouvé mort. Bruce Mayence emploie pour la
première fois, me semble-t-il, la narration à la première
personne pour une savoureuse - l'humour belge est à mille
lieues au-dessus des "histoires" racontées au comptoir des
débits de boissons - plongée dans les moeurs politiques et
juridiques de notre voisin et sa culture. Le tout avec une
gentille dérision envers le genre - voir la fin où notre
Poulpe est menacé de boire la tasse, tout en rebondissements à
la Pieds nickelés. Ça se lit sans soif.
L'Humanité, 27 juin 1997
Dans les trente et quelques numéros de cette collection à succès, où les auteurs se repassent le même personnage comme un bâton-témoin, celui de Mayence est un bon crû. Un récit bien rythmé et très drôle.
Marc Henry, Le Soir, Supplément Magazine des arts et du divertissement, 26 mai 1997
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