|
> Un adolescent échappé de son foyer est retrouvé étranglé et violé dans une cour d'immeuble. Tout semble accuser le clochard alcoolique et violent retrouvé ivre mort sur les lieux du crime. Mais, malgré les aveux de l'inculpé, le Poulpe refuse de croire à cette version des faits. Il ne lui en faut pas plus pour se remettre en chasse.
Qui a réellement pu assassiner cet orphelin ? Et pourquoi ? Pour trouver la réponse, à deux pas de "l'atmosphère atmosphère" de l'Hôtel du Nord, Gabriel aura bien besoin d'avoir le vent en poulpe... L'épée de Damoclès ne tient toujours qu'à un fil.
Par Olivier Thiébaut 
Le fait divers
Le troisième [article], enfin, celui qui avait focalisé l'attention du Poulpe racontait la fin tragique d'un adolescent. En résumé, tout avait mal commencé pour Mathias Leroux (quatorze ans). L'enfance blessée, endeuillée. Une mère morte dans un accident de voiture peu après que le père ait été foudroyé par un arrêt cardiaque. Dès lors, pupille de l'Etat, Mathias avait été placé dans un foyer sous l'égide de la DDASS rue de Ménilmontant. Un de ces foyers de transition où les enfants s'entassent en attendant l'hypothétique affection d'une famille de substitution. A partir de là, les problèmes avaient empiré. Désespoir, rancune vis-à-vis d'une vie injuste, associalité, en peu de temps, Mathias était devenu un petit délinquant accumulant les délits mineurs. Et puis une faute, sa dernière, celle qui allait s'avérer fatale pour lui. Trois jours auparavant, marquant une nouvelle fois son insoumission au système, Mathias avait fugué de son orphelinat. A défaut des flics, c'est la poisse qui l'avait rattrapé. Par le biais d'une mauvaise rencontre. Celle de Robert Casedaine (quarante-cinq ans), un sans domicile fixe bien connu des services de police, ivrogne notoire et agressif. La suite avait de quoi donner des frissons dans le dos. Robert Casedaine avait violé puis étranglé Mathias Leroux. La police l'avait interpellé peu après, titubant devant le domicile (dans le 10ème arrondissment) du chauffeur de taxi (un certain Joseph J.) qui avait été le premier à trouver le corps et à donner l'alerte. Fort de quelques grammes d'alcool dans le sang ou plus exactement de quelques gouttes de sang dans le vin, Robert Casedaine n'avait fait aucune difficulté pour avouer son crime qu'il mettait sur le compte d'une pulsion irrépressible.
|
Du côté de la critique...
"Bien souvent l'idée lui venait que si l'homme n'a pas le pouvoir de modeler le monde à sa convenance, il a du moins celui de tailler des verres qui lui permettent de la faire apparaître à peu près comme il veut."
Canon, n'est-il-pas ? C'est guidé par les aphorismes de Lichtenberg que ce poulpien Gabriel enquête sur le meurtre d'un adolescent, orphelin, placé en maison d'éducation, aussitôt incriminée par les pandores. L'archange libertaire mettra à nu les pratiques de certaines couches de la "bonne bourgeoisie" tandis que l'auteur évite soigneusement tout voyeurisme dans la narration.
L'Humanité du 31 mai 1996.
Ambiance au Pied de Porc à la Sainte-Scolasse, le désormais fameux fief de Gabriel Lecouvreur dit Le Poulpe, héros d'une récente série de romans policiers à la tripe populaire et libertaire (voir "Le Monde des poches" du 3 février). "Comment un type qui avait plus de quatre grammes d'alcool dans le sang peut-il violer puis tuer un adolescent en pleine possession de ses moyens?" Méfiant comme à son habitude vis-à-vis des vérités toutes faites et des coupables trop faciles comme ce SDF de service, Le Poulpe part en chasse de l'assassin de Mathias Leroux, 14 ans, pensionnaire fugueur d'un orphelinat parisien. Et bute sur "les pieds de la dame aux clebs" donnant à Olivier Thiébaut la palme du pire jeu de mots dans un choix de titres pourtant déjà fort riche ! C'est drôle, un peu court mais vif, pas sérieux pour deux sous, même si ça met les points sur les "i" de certaines réalités. Avec la force de l'encre noire. Du Poulpe tout craché.
Le Monde du 8 juin 1996.
|
Impressions
"Un bon épisode du Poulpe, grâce notamment au style de Thiébaut. On ne s'ennuie pas, on rit même beaucoup. On pourra quand même reprocher (on est là pour ça, non?), un fond d'histoire maintenant un peu conventionnel, et surtout une absence quasi totale de Cheryl. La coiffeuse y fait office de "régulière" râleuse, face à une rivale occasionnelle, Maryline, la soeur d'une des victimes du complot du moment."
Olivier, Paris 10ème
"J'aime celui-là pour le côté agressif et j'ai mis un certain temps pour comprendre le jeu de mot du titre (eh oui, j'ai honte mais je l'avoue)."
Vincent, Paris 20ème
|